Thursday, December 13, 2007

LES SANO BIROUA DE RETOUR EN FRANCE

Namaste à tous, Tout d’abord désolé de ne pas vous avoir donné de nouvelles plus tôt, nous avons eu pas mal de choses à faire depuis notre retour mais ce n’est pas une raison. Après un départ, on ne peut plus chaleureux, nous avons repris l’avion pour Paris, le transfert du matériel pour APC s’est bien passé, même si à un moment nous avons bien cru être arrivé sans nos bagages à Charles De Gaule, tout s’est arrangé. Nous sommes donc de retour à Nantes pour poursuivre notre projet. En ce moment nous travaillons sur la réalisation du film sur Biya, nous devons faire un montage à partir des vidéos que nous avons prises avec la participation des jeunes et du staff d’A.P.C. que l’on remercie d’ailleurs. Nous avons aussi pleins de photos que nous allons essayer de vous transmettre, pour ceux que cela intéresse. Nous avons appris que les problèmes de Raju se sont arrangés, nous voilà rassurés. Nous souhaitons organiser quelques manifestations pour sensibiliser les gens sur la situation des enfants des rues, dont une conférence dans notre école mais celle ci ne pourra pas avoir lieu avant septembre pour des problèmes de planning, nous vous tiendrons évidemment au courant. Cordialement L’équipe Sano Biroua Merci à A.P.C www.pommecannelle.org pour plus de renseignements.

L'EQUIPE SANO BIROUA

Le 17/04/07 Notre aventure touche à sa fin, le temps passe très vite! Durant ces dix derniers jours pas mal de choses se sont passées, nous avons même eu la chance de voir la beauté des campagnes népalaises, entre Bhaktapur et Ktm nous avons traversé bcp de petits villages traditionnels (ça change de Ktm), nous sommes sous le charme. De retour à Biya le travail avance, même si les coupures de courant nous surprennent de temps en temps. C'est l'occasion pour laisser le matos électrique de côté et ressortir ces bons vieux ciseaux, rabots et autres outils manuels. Entre temps nous faisons la rencontre d'Alexia, une jeune française, photographe,qui aide APC. Un soir nous ( Alexia, Olivier et moi (Hug ou titi ;)) allons à la rencontre des enfants de rues (night feeling) avec Shiam, un népalais ex enfant des rues qui maintenant est éducateur à Kalimati. Le « night feeling » consiste à rencontrer les groupes d'enfants qui dorment dans la rue, leur rappeler que des portes comme celle du foyer Kalimati leur sont ouvertes, soigner les petites blessures… Shiam est connu de beaucoup d'enfants et les échanges se passent bien. Dans Katmandou les enfants des rues dorment en petits groupes, souvent accompagnés d'un chien qui les protège, tous les enfants que nous avons rencontrés étaient défoncés à la colle… cette soirée fut très marquante, avec eux nous passons du rire aux larmes, ils sont très durs, froids avec nous et finissent par nous serrer dans leurs bras (certain ont à peine 5 ans). Cela m'a bien fait prendre conscience de l'énorme travail des asso comme APC… et dire que les jeunes de Biya avec qui nous vivons en ce moment, comme Prabin, Sunil, Aakesh et les autres qui sont plein d'espoir, plein d'humour, ont vécu de cette manière il y a quelques années… cela nous motive d'autant plus pour notre retour à Biya. Nous bossons toujours sur les béquilles avec Bohwan et les jeunes, nous avons réalisé un modèle tout en bois car le problème avec l'alu ( bien qu'il soit plus léger et facile à travailler) c'est qu'il est très difficile de le plier de manière propre de plus une paire en alu coûte 800 roupilles alors que celle en bois coûte 350. La réalisation d'une paire de béquilles en bois à l'atelier nous coûte en matière première (sans compter le tps passé) environ 270 roupilles, nous la proposons donc à M. Soete pour 330 roupilles. Il nous propose donc de faire signer un contra entre APC et la pharmacie qui achète en moyenne 4 paires de béquilles en bois par semaine. La fabrication de ces béquilles est intéressante et pas si compliquée, la difficulté consiste à bien choisir le bois pour leur réalisation, pour cela Bohwan (qui bien qu'étant mécanicien à la base est également doué en menuiserie) et Budha pourrons aider Aakesh, Binod, Sunil…Il nous reste maintenant quelques jours pour continuer la formation à cette fabrication. L'equipe sano biroua

Tuesday, April 10, 2007

Sano biroua

Sano Biroua au Népal. •1er jour à biya 02/04/07 .Nous arrivons au foyer Biya, une dizaine d’adolescents nous accueillent et nous y découvrons aussi une classe de plus jeunes. Le premier contact se fait avec la présentation du matériel de menuiserie que nous avons ramené. Nous rencontrons aussi les éducateurs comme Raju, Bowhan, Boudha, Hervé Lafoux et l’institutrice, l’accueil est chaleureux. Les jeunes nous préparent une chambre. Nous jouons à la balle aux prisonniers, jeu nouveau pour eux. •3/04/07 Réveil amical à 7h avec un thé au lait servi par les enfants avec de grands sourires. 10 h, Surprise premier repas de la journée, le dalbat est servi, spécialité culinaire composée de riz, sauce aux lentilles et légumes (pour le plus grand plaisir de doudou, titi et oliv). Après ce bon plat pat et oliv imaginent un meuble pour ranger le matériel. Quant à Emna, titi et doudou accompagnés des enfants entament un grand nettoyage de l’atelier et font un inventaire puis commencent la réalisation du prototype de la béquille. Le soir avec Raju et Ludo un français rencontré ici nous allons à la rencontre des jeunes du foyer Kalimati, les enfants regardent la télé et nous sommes touchés par la situation des petits débrouillards. •4/04/07 Nous partageons avec les jeunes les vidéos réalisées auparavant le tout dans une joyeuse ambiance. L’échange avec les enfants se fait de mieux en mieux malgré la barrière de la langue. Les enfants sont très affectueux et toujours respectueux à notre égard. Pendant que les plus jeunes sont en classe, nous travaillons avec les ados, certains sont à l’atelier de mécanique et d’autres à celui de menuiserie, Les jeunes nous donnent des surnoms népalais, Emna « muscana »( sourire), doudou « baba » (baba cool), pat « sun » (soleil), titi « surot » (lumière) et oliv « himal » (toit). Nous assistons à un cours de taikwendo donné par Puchpa avec rigueur, les jeunes semblent captivés et impliqués. Une petite partie de foot s’improvise dans la cour. Prabin se blesse sur le portail, Raju l’emmène à l’hôpital pour des points de suture prévus que pour dans trois jours. •5/04/07 La construction du meuble se termine, nous avons acheté du bois et de l’alu pour les béquilles. Nous allons rencontrer M. Soete (Chirurgien et médecin à l’ambassade de France) qui serait intéressé par le projet des béquilles. •6/04/07 Aujourd’hui nous commençons la construction d’une table basse, l’armoire de Bohwan avance bien. Oliv se rabote le pouce à la scie à format, il s’en sort avec un gros pansement après une petite visite à l’hôpital. Cette après midi nous rendons visite à M. Soete, la béquille lui plait, il nous reste à optimiser notre coût en matière première pour être concurrentiel avec les autres fabricants.

Monday, December 18, 2006

La continuation du projet et la realite des ateliers

La photo du jour: C'est une amie que je me suis faite sur le trajet entre mon appartement et l'atelier...elle est "cute" non? Blague a part voici les dernieres nouvelles
  1. Les jeunes en stage.

C'est avec plaisir que je vous annonce que nos 3 jeunes: Raju, Pradeep et Akash sont toujours en stage, qu'ils continuent d'y aller régulièrement, il y a encore quelques dérapages pas toujours de leur responsabilité comme par exemple le retard de la préparation du repas (Dalhbat) du matin par la "Dee-Dee", cuisinière qui arrive régulièrement en retard et nuit au démarrage des activités. Une petite ombre au tableau, notre jeune Raju s'est blessé en entreprise, il s'est coincé un doigt dans une courroie de transmission, il a plusieurs points de suture et se trouve en convalescence au foyer pendant une semaine. A l'heure où vous lirez ces lignes il aura repris l'ouvrage. Pradeep et Akash continuent d'y aller, Akash a de grosses difficultés, il ne semble pas comprendre ce qu'on lui demande. Le patron est compréhensif et essaye de lui donner des taches en fonction de ses capacités, il a de la générosité pour ces jeunes, il veut leur donner une chance. C'est un partenaire précieux pour le présent et le futur.

  1. Les réalisations dans notre atelier

Ainsi que vous le verrez en photo, nous avons terminé la fabrication de nos 4 établi-bancs. Chaque jeune a complété le sien et est très satisfait du résultat. Ils réalisent combien il est plus facile de maintenir leurs pièces tandis qu'ils les travaillent. Ils peuvent ainsi plus facilement raboter les pièces au rabot électrique; nous nous sommes d'ailleurs équipés d'un deuxième rabot électrique pour mieux avancer et pour avoir un rabot de secours en cas de panne, ce qui est fréquent. Grace à cet établi, ils peuvent aussi mieux couper leurs pièces, mieux mortaiser, tenonner, mieux ajuster. La qualité du travail s'en ressent et leur confiance en eux ne s'en trouve que grandit. Ce projet est gagnant sur toute la ligne.

Comme je l'avais précédemment écrit, nous avons commencé le projet d'école interne. Les cours ont lieu de 9h30 à 11h00, (à condition que le repas soit terminé à temps). Les cours se donnent sur le sol de la grande salle en attendant que les apprentis- menuisiers aient complété les tables de travail. Ces tables sont déjà bien avancées et ce sera mon dernier projet avec les jeunes avant mon départ.

Les cours de menuiserie se donnent maintenant de 11h à 15h

Une anecdote sur la vie de l'atelier: nous essayons d'encourager les jeunes à la ponctualité. En écrivant ces mots je m'aperçois que c'est le contraire: nous les décourageons d'être en retard c'est à dire que leur argent de poche de 25rs se trouve annulé par un retard. C'est donc une mesure punitive et non d'encouragement...Faudra qu'on y repense... Donc la semaine passée, Binod et Bikram, déjà en retard le jour précédent et donc déjà privés de leur argent de poche, décident de réitérer le retard qui n'aurait pas de conséquences supplémentaires selon eux.

Je m'interrogeais sur la façon de réagir et étais tenté par une approche paradoxale: ils désirent du temps libre supplémentaire, j'ai décidé de leur en donner pour le reste de l'après midi. Ils arrivèrent à la porte et je leur refusais l'entrée à l'atelier. D'abord surpris, ils crurent à une blague de ma part et essayèrent de rentrer de nouveau. Devant mon refus, ils prirent conscience d'être exclus d'une activité qu'ils aiment, d'être avec leurs copains qui eux continuaient leurs travaux. Au lieu de prendre ce temps qui leur était donné pour aller se promener, ils restèrent à la porte exprimant leur désir de réintégrer le cours. J'ai mesuré ainsi leur intérêt pour le travail, ils ont repris le travail le lendemain et je n'ai aucun retard à signaler depuis. L'exclusion a été plus ressentie que la privation d'argent de poche et ils perçoivent le travail d'atelier comme étant sérieux et non un passe-temps. Je mesure que mon approche était risquée car ils auraient pu en profiter pour s'en aller se promener, mais j'ai obtenu l'effet inverse; un plus grand intérêt pour le cours.

  1. La réalité du milieu de travail

J'ai choisi de vous envoyer quelques clichés de la réalité des ateliers que j'ai visité et des observations faites.

Tout d'abord notre marchand de bois où entre quelques poules on trouve du bois, les jeunes nous ont accompagné pour qu'ils voient la façon dont le bois était vendu.

Vous pouvez remarquer que l'ordre n'est pas une préoccupation dans les ateliers, la plupart des ouvriers travaillent à même le sol.

J'ai choisi une photo qui montre la fabrication de tenon à la scie circulaire, à la volée. (A éviter aux coeurs sensibles)

Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer cette scie à onglets d'un genre spécial, elle est située dans un magasin qui fabrique des cadres. La lame de scie est complétement apparente, aucune protection, elle est entraînée par un moteur , et le tout est posé sur un gros ressort qui permet à la lame de remonter, ça fonctionne mais ça décoiffe....

Vous voyez ici un ouvrier travaillant au tour à bois et tournant des balustres d'escalier. Chaque balustre est fait individuellement, pas de gabarit de copiage.

J'ai choisi aussi de vous montrer un assemblage particulier; un enfourchement à queue d'aronde pour un bâti de porte ou de fenêtre. C'est un asssemblage qui n'est pas utilisé en occident, peut-être parce que nous avons la colle et aussi les bois sufisamment secs. Ici le bois que j'achète et très humide, quand on le rabote, on voit l'eau suinter du bois, alors imaginez ce que la colle peut faire dans du bois humide, le collage ne prend pas car l'eau est un diluant de la colle vinylique. De plus en séchant les ouvrages se déforment. Le type d'assemblage observé doit permettre au bois de serétracter tout en affaiblissant pas la solidité.

  1. La continuité du projet

Depuis 3 semaines, chaque matin pendant 1 h, j'entraîne Boudha, le traducteur et aussi personnel de Biya, qui m'a accompagné depuis 3 mois dans le travail d'atelier. Il s'est découvert un intérêt pour le travail du bois et il désire poursuivre le travail avec les jeunes. Il n'a bien sûr pas l'expérience ni les compétences requises mais il a de l'intérêt. Son travail devrait permettre de garder l'atelier opérationnel en attendant de trouver un nouveau prof.

J'ai choisi d'entraîner Boudha à la fabrication de bancs semblables à ceux que nous avions déjà fabriqués et qui serviront pour la petite école. L'association en a besoin et les jeunes en ont déjà fabriqués, ce qui leur donnera l'occasion de renforcer leurs apprentissages. En donnant à chaque jeune la responsabilité de fabriquer un banc, il se dégage une saine compétition entre eux, ils ont le goût d'être aussi bon que les autres et Sunill est celui qui se démarque le plus.

J'ai dessiné les plans (épures) en vraie grandeur sur une feuille de contre plaqué et l'ai repassé à l'encre pour qu'il soit indélébile et qu'il puisse resservir.

Boudha a des difficultés, il a besoin d'être encadré. En équipe nous avons décidé de chercher un enseignant pour 2h/jour et que Boudha continuerait les 2 heures restantes avec les jeunes complétant ainsi les apprentissages développés.

Sunday, November 26, 2006

Des départs et des arrivées

Pour commencer, je vous envoie cette image-cadeau d'une réalité de Kathmandu: Le "Vélo-fruit".

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Plusieurs changements sont intervenus depuis le retour du trek. Tandis que je résumais le déroulement du trek sur le blog, bien des événements se déroulaient ici.

Tout d'abord, nos 5 élèves avancés ont tous arrêtés leur formation. Shiva, le premier à nous quitter, avait prévu d'aller travaillé chez son oncle qui est menuisier, il a pu revoir aussi son père et tout semble bien se dérouler, ça fait bientôt un mois qu'il nous a quitté et aux dernières nouvelles il travaille toujours et tout se déroule correctement.

Le deuxième à partir, Anil, nous a quitté sans prévenir en pleine nuit, il y a 3 semaines, suite à certaines vexations paraît-il.

Ensuite, nous avons trouvé un lieu de stage pour Raju et Pradeep qui exprimaient depuis un certain temps un besoin d'autonomie et qui n'avaient plus d'intérêt marqué pour les apprentissages. Vous voyez ci-dessous le patron et sa femme,

l'extérieur modeste de l'atelier

et aussi l'intérieur.

Vous pouvez aussi voir que tous les moyens sont bons pour livrer du bois et que c'est étonnant ce qu'on peut mettre sur un vélo, mais n'esayez pas de pédaler.

J'ai aussi photographié un détail d'assemblage pratiqué ici, pour les menuisiers parmi vous.

Ce stage s'effectue chez le même employeur et ça n'est pas sans poser quelques problèmes comme vous allez le voir.

L'employeur s'est engagé à les employer après 6 mois d'apprentissage chez lui. Ça peut paraître long, mais souvenons nous de l'époque pas si lointaine où, en France notamment, les parents devaient payer un maître d'apprentissage pour que leur enfant apprenne un métier. Cette pratique a fort heureusement été remplacée, chez nous, par les centres de formation professionnelle, les contrats d'apprentissage ou encore l'alternance études-travail, mais ici, c'est différent. Nos stagiaires continuent néanmoins de recevoir une allocation par l'association APC durant leur période de stage.

La première semaine s'est bien déroulée, l'employeur manifestant même de la satisfaction quant à leur savoir-faire et leur comportement.

La deuxième semaine j'ai eu la surprise de rencontrer Raju et Pradeep en arrivant à l'atelier de Biya le lundi matin. Quand je leur demandais pourquoi ils n'étaient pas à l'entreprise, ils me répondirent que j'avais dit que le stage ne durait qu'une semaine et que c'était fini! Je ne sais pas où ils sont allés chercher cette excuse, et après avoir remis les pendules à l'heure ils reprirent le chemin de l'entreprise. Un autre matin Pradeep, ayant "sniffé" de la colle qu'il avait acheté avec l'argent de son bus, n'était pas en état de prendre le chemin de l'atelier et un autre matin encore Raju se déclarant malade et incapable d'aller au travail, Pradeep déclarait qu'il ne voulait pas y aller seul et restait la journée au foyer.

Il leur est difficile, malgré leur désir de s'affranchir du foyer, de réellement trouver le rythme d'une vie structurée, il semble que la tentation de la transgression soit toujours là et qu'à la moindre occasion ça dérape. Ils souhaitent avoir une vie autonome, un appartement, un salaire, mais les conditions pour les obtenir sont exigeantes et les vieux démons ne sont pas longs à ressurgir à la moindre difficulté ou à la moindre tentation. C'est un moment où ils sont extrêmement fragiles et insécures et retombent facilement dans les vieux schémas de décrochage . Ils ne se sentent plus à leur place au foyer mais ne se sentent pas vraiment prêt à vivre seul; le cas de Pradeep est vraiment révélateur. Je dois m'avouer bien démuni devant de tels comportements. Je pense qu'ils ont surtout besoin d'être accompagné dans leurs peurs et d'être encouragé.

Cette semaine, après que nous ayons discuté avec eux et l'employeur sur les enjeux du stage, ils ont repris le chemin de l'atelier accompagné par Akash qui n'avait tout d'abord pas voulu aller en stage car il ne se sentait pas prêt jusqu'alors. Il est vrai qu'il a de grandes difficultés avec les mesures et qu'il fait parfois des bourdes surprenantes, mais il est capable de faire des taches simples en petite série. Il a décidé de suivre ses collègues car je pense que le fait de se retrouver avec les débutants plus jeunes que lui et de ne pas suivre ses amis le vexait. Donc Raju, Pradeep et Akash sont dans la même entreprise. Raju a exprimé qu'il préférerait être seul dans une entreprise dans le futur et de ne pas avoir la responsabilité des absences de ses collègues. Je trouve que c'est une parole d'affranchissement de sa part mais je ne sais pas si Pradeep et encore moins Akash seront capables d'en faire autant. Nous allons les accompagner le mieux possible. Ils ont la chance qu'il y ait une grande demande de main d'oeuvre en menuiserie et que le patron soit flexible.

Donc, Shiva et Anil ont quitté le foyer, et Raju, Pradeep et Akash ont quitté l'atelier et sont en cheminement pour quitter aussi le foyer à un moment donné si le stage se déroule bien.

Chez les débutants nous avons un nouveau venu Bikram, que vous voyez à gauche sur la photo en compagnie de Sunill. Donc le nombre de mes élèves est de 4, en plus des 2 sus nommés il reste Binod et Lalu. Vishnu qui était avec nous jusqu'alors a préféré aller en mécanique.

Donc comme vous pouvez en juger, bien des changements sont intervenus durant cette période.

Par ailleurs, depuis un mois maintenant, j'ai eu le plaisir d'acceuillir Manu, un jeune Français de 18 ans qui est bénévole dans un orphelinat et qui a du temps libre durant la journée car les orphelins sont à l'école. Lors d'une rencontre à l'Alliance Française Manu s'est offert spontanément à m'aider et il me donne un sérieux coup de main avec les jeunes, même si ses connaissances sont limitées en menuiserie, il apprend vite et sait accompagner les jeunes dans leurs progrès. Sa disponibilité s'achève cette semaine et je l'aurais bien gardé un peu plus avec moi. Merci Manu pour ton aide.

Un autre jeune Français s'est joint à Biya, Bertrand, qui est là pour 1 an et qui a pour mission de développer les activités sportives au sein de Biya. Bertrand est dynamique, il parle bien le Népali, il a terminé ses études en sciences de l'éducation et il est à la veille d'entamer un cours en éducation spécialisé. Avant de le commencer il a souhaité vivre de près son futur métier et a décidé de vivre l'expérience du volontariat. Les enfants l'ont surnommé Badel, qui veut dire nuage en Népali car il était très "Blanc" quand il est arrivé de Paris. Très vite il a su prendre sa place, il a pris la responsabilité de peindre les limites d'un terrain de badminton/volley dans la cour et d'installer les poteaux et filet. Le succès fut immédiat, les jeunes étaient impatients de participer au jeu. Ils ne réclament pas la télévision, c'est encourageant...

Autre changement dans le foyer, les cours de mécanique ont commencé. Buhwan, un jeune Népalais en est le responsable.Ne dirait-on pas une rock-star?

Il a tout d'abord construit un abri en contreplaqué sous le préau pour abriter ses outils. Les jeunes apprentis menuisiers y ont participé en fabriquant les portes. les cours ont pu commencer il y a 3 semaines et Buhwan a beaucoup de connaissances pratiques, ses 8 jeunes l'écoutent avec attention.

Donc depuis maintenant 3 semaines la cour est bien occupée entre les cours de mécanique et la menuiserie, et c'est encourageant de voir que tous les jeunes sont en action.

La production et les apprentissages ont eux aussi changé, ayant perdu mes élèves avancés, il me faut terminer les projets qu'ils avaient entamé. Le "rack" à chaussures est opérationnel, les portes cintrées sont en phase d'achèvement. Par contre, j'ai du annuler le contrat de fabrication de matériel didactique pour des écoles, faute de main d'oeuvre. Et quant au projet de béquilles, je ne sais pas où l'insérer.

Donc la vie de l'atelier s'est réorientée vers les débutants qui terminent 4 petits bancs à 2 places, assemblés à tenons, mortaises et chevillés.

Ces bancs qui étaient tout d'abord destinés au foyer seront en fait utilisés par la future école interne de Biya. Ce qui fait que notre prochain projet est la fabrication de 4 tables pour accompagner nos bancs. Cette école aura pour but de s'adapter aux besoins précis des jeunes , ce que les écoles publiques ne sont pas toujours en mesure de faire.

D'autre part, nous avons aussi mis en fabrication un nouveau type d'établi en 4 exemplaires. Je me suis aperçu que les jeunes aimaient travailler sur une planche lourde et épaisse de 2 pouces, longue de 60 et large de 12, posée sur des pieds de tabourets à environ 18 pouces du sol. Cet établi leur sert pour s'asseoir sur la pièce qu'ils travaillent et donc à la tenir, il sert à raboter les morceaux avec les rabots électrique ou à main, à faire les mortaises, à poncer etc. N'en ayant qu'un seul pour l'instant, je m'apercevais que les jeunes le convoitaient pour travailler. Donc, pour éviter des querelles et surtout pour améliorer les conditions de travail et la qualité, j'ai décidé d'en fabriquer 4. C'est un nouveau type d'établi qu'on pourrait appeler: "établi-banc". Mon successeur pourra ainsi pratiquer le métier dans de bonnes conditions. Successeur que je ne connais pas, nous espérons trouver un Népalais que je pourrais accompagner avant mon départ, mais il n'est pas encore trouvé. A suivre...