Thursday, December 13, 2007
L'EQUIPE SANO BIROUA
Tuesday, April 10, 2007
Sano biroua
Monday, December 18, 2006
La continuation du projet et la realite des ateliers
La photo du jour:
C'est une amie que je me suis faite sur le trajet entre mon appartement et l'atelier...elle est "cute" non?
Blague a part voici les dernieres nouvelles
- Les jeunes en stage.
C'est avec plaisir que je vous annonce que nos 3 jeunes: Raju, Pradeep et Akash sont toujours en stage, qu'ils continuent d'y aller régulièrement, il y a encore quelques dérapages pas toujours de leur responsabilité comme par exemple le retard de la préparation du repas (Dalhbat) du matin par la "Dee-Dee", cuisinière qui arrive régulièrement en retard et nuit au démarrage des activités. Une petite ombre au tableau, notre jeune Raju s'est blessé en entreprise, il s'est coincé un doigt dans une courroie de transmission, il a plusieurs points de suture et se trouve en convalescence au foyer pendant une semaine. A l'heure où vous lirez ces lignes il aura repris l'ouvrage. Pradeep et Akash continuent d'y aller, Akash a de grosses difficultés, il ne semble pas comprendre ce qu'on lui demande. Le patron est compréhensif et essaye de lui donner des taches en fonction de ses capacités, il a de la générosité pour ces jeunes, il veut leur donner une chance. C'est un partenaire précieux pour le présent et le futur.
- Les réalisations dans notre atelier
Ainsi que vous le verrez en photo, nous avons terminé la fabrication de nos 4 établi-bancs. Chaque jeune a complété le sien et est très satisfait du résultat. Ils réalisent combien il est plus facile de maintenir leurs pièces tandis qu'ils les travaillent. Ils peuvent ainsi plus facilement raboter les pièces au rabot électrique; nous nous sommes d'ailleurs équipés d'un deuxième rabot électrique pour mieux avancer et pour avoir un rabot de secours en cas de panne, ce qui est fréquent. Grace à cet établi, ils peuvent aussi mieux couper leurs pièces, mieux mortaiser, tenonner, mieux ajuster. La qualité du travail s'en ressent et leur confiance en eux ne s'en trouve que grandit. Ce projet est gagnant sur toute la ligne.
Comme je l'avais précédemment écrit, nous avons commencé le projet d'école interne. Les cours ont lieu de 9h30 à 11h00, (à condition que le repas soit terminé à temps). Les cours se donnent sur le sol de la grande salle en attendant que les apprentis- menuisiers aient complété les tables de travail. Ces tables sont déjà bien avancées et ce sera mon dernier projet avec les jeunes avant mon départ.
Les cours de menuiserie se donnent maintenant de 11h à 15h
Une anecdote sur la vie de l'atelier: nous essayons d'encourager les jeunes à la ponctualité. En écrivant ces mots je m'aperçois que c'est le contraire: nous les décourageons d'être en retard c'est à dire que leur argent de poche de 25rs se trouve annulé par un retard. C'est donc une mesure punitive et non d'encouragement...Faudra qu'on y repense... Donc la semaine passée, Binod et Bikram, déjà en retard le jour précédent et donc déjà privés de leur argent de poche, décident de réitérer le retard qui n'aurait pas de conséquences supplémentaires selon eux.
Je m'interrogeais sur la façon de réagir et étais tenté par une approche paradoxale: ils désirent du temps libre supplémentaire, j'ai décidé de leur en donner pour le reste de l'après midi. Ils arrivèrent à la porte et je leur refusais l'entrée à l'atelier. D'abord surpris, ils crurent à une blague de ma part et essayèrent de rentrer de nouveau. Devant mon refus, ils prirent conscience d'être exclus d'une activité qu'ils aiment, d'être avec leurs copains qui eux continuaient leurs travaux. Au lieu de prendre ce temps qui leur était donné pour aller se promener, ils restèrent à la porte exprimant leur désir de réintégrer le cours. J'ai mesuré ainsi leur intérêt pour le travail, ils ont repris le travail le lendemain et je n'ai aucun retard à signaler depuis. L'exclusion a été plus ressentie que la privation d'argent de poche et ils perçoivent le travail d'atelier comme étant sérieux et non un passe-temps. Je mesure que mon approche était risquée car ils auraient pu en profiter pour s'en aller se promener, mais j'ai obtenu l'effet inverse; un plus grand intérêt pour le cours.
- La réalité du milieu de travail
J'ai choisi de vous envoyer quelques clichés de la réalité des ateliers que j'ai visité et des observations faites.
Tout d'abord notre marchand de bois où entre quelques poules on trouve du bois, les jeunes nous ont accompagné pour qu'ils voient la façon dont le bois était vendu.
Vous pouvez remarquer que l'ordre n'est pas une préoccupation dans les ateliers, la plupart des ouvriers travaillent à même le sol.


J'ai choisi une photo qui montre la fabrication de tenon à la scie circulaire, à la volée. (A éviter aux coeurs sensibles)

Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer cette scie à onglets d'un genre spécial, elle est située dans un magasin qui fabrique des cadres. La lame de scie est complétement apparente, aucune protection, elle est entraînée par un moteur , et le tout est posé sur un gros ressort qui permet à la lame de remonter, ça fonctionne mais ça décoiffe....
Vous voyez ici un ouvrier travaillant au tour à bois et tournant des balustres d'escalier. Chaque balustre est fait individuellement, pas de gabarit de copiage.

J'ai choisi aussi de vous montrer un assemblage particulier; un enfourchement à queue d'aronde pour un bâti de porte ou de fenêtre. C'est un asssemblage qui n'est pas utilisé en occident, peut-être parce que nous avons la colle et aussi les bois sufisamment secs. Ici le bois que j'achète et très humide, quand on le rabote, on voit l'eau suinter du bois, alors imaginez ce que la colle peut faire dans du bois humide, le collage ne prend pas car l'eau est un diluant de la colle vinylique. De plus en séchant les ouvrages se déforment. Le type d'assemblage observé doit permettre au bois de serétracter tout en affaiblissant pas la solidité.
- La continuité du projet
Depuis 3 semaines, chaque matin pendant 1 h, j'entraîne Boudha, le traducteur et aussi personnel de Biya, qui m'a accompagné depuis 3 mois dans le travail d'atelier. Il s'est découvert un intérêt pour le travail du bois et il désire poursuivre le travail avec les jeunes. Il n'a bien sûr pas l'expérience ni les compétences requises mais il a de l'intérêt. Son travail devrait permettre de garder l'atelier opérationnel en attendant de trouver un nouveau prof.
J'ai choisi d'entraîner Boudha à la fabrication de bancs semblables à ceux que nous avions déjà fabriqués et qui serviront pour la petite école. L'association en a besoin et les jeunes en ont déjà fabriqués, ce qui leur donnera l'occasion de renforcer leurs apprentissages. En donnant à chaque jeune la responsabilité de fabriquer un banc, il se dégage une saine compétition entre eux, ils ont le goût d'être aussi bon que les autres et Sunill est celui qui se démarque le plus.
J'ai dessiné les plans (épures) en vraie grandeur sur une feuille de contre plaqué et l'ai repassé à l'encre pour qu'il soit indélébile et qu'il puisse resservir.
Boudha a des difficultés, il a besoin d'être encadré. En équipe nous avons décidé de chercher un enseignant pour 2h/jour et que Boudha continuerait les 2 heures restantes avec les jeunes complétant ainsi les apprentissages développés.
Sunday, November 26, 2006
Des départs et des arrivées

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Plusieurs changements sont intervenus depuis le retour du trek. Tandis que je résumais le déroulement du trek sur le blog, bien des événements se déroulaient ici.
Tout d'abord, nos 5 élèves avancés ont tous arrêtés leur formation. Shiva, le premier à nous quitter, avait prévu d'aller travaillé chez son oncle qui est menuisier, il a pu revoir aussi son père et tout semble bien se dérouler, ça fait bientôt un mois qu'il nous a quitté et aux dernières nouvelles il travaille toujours et tout se déroule correctement.
Le deuxième à partir, Anil, nous a quitté sans prévenir en pleine nuit, il y a 3 semaines, suite à certaines vexations paraît-il.
Ensuite, nous avons trouvé un lieu de stage pour Raju et Pradeep qui exprimaient depuis un certain temps un besoin d'autonomie et qui n'avaient plus d'intérêt marqué pour les apprentissages. Vous voyez ci-dessous le patron et sa femme,
l'extérieur modeste de l'atelier

et aussi l'intérieur.
Vous pouvez aussi voir que tous les moyens sont bons pour livrer du bois et que c'est étonnant ce qu'on peut mettre sur un vélo, mais n'esayez pas de pédaler.

J'ai aussi photographié un détail d'assemblage pratiqué ici, pour les menuisiers parmi vous.

Ce stage s'effectue chez le même employeur et ça n'est pas sans poser quelques problèmes comme vous allez le voir.
L'employeur s'est engagé à les employer après 6 mois d'apprentissage chez lui. Ça peut paraître long, mais souvenons nous de l'époque pas si lointaine où, en France notamment, les parents devaient payer un maître d'apprentissage pour que leur enfant apprenne un métier. Cette pratique a fort heureusement été remplacée, chez nous, par les centres de formation professionnelle, les contrats d'apprentissage ou encore l'alternance études-travail, mais ici, c'est différent. Nos stagiaires continuent néanmoins de recevoir une allocation par l'association APC durant leur période de stage.
La première semaine s'est bien déroulée, l'employeur manifestant même de la satisfaction quant à leur savoir-faire et leur comportement.
La deuxième semaine j'ai eu la surprise de rencontrer Raju et Pradeep en arrivant à l'atelier de Biya le lundi matin. Quand je leur demandais pourquoi ils n'étaient pas à l'entreprise, ils me répondirent que j'avais dit que le stage ne durait qu'une semaine et que c'était fini! Je ne sais pas où ils sont allés chercher cette excuse, et après avoir remis les pendules à l'heure ils reprirent le chemin de l'entreprise. Un autre matin Pradeep, ayant "sniffé" de la colle qu'il avait acheté avec l'argent de son bus, n'était pas en état de prendre le chemin de l'atelier et un autre matin encore Raju se déclarant malade et incapable d'aller au travail, Pradeep déclarait qu'il ne voulait pas y aller seul et restait la journée au foyer.
Il leur est difficile, malgré leur désir de s'affranchir du foyer, de réellement trouver le rythme d'une vie structurée, il semble que la tentation de la transgression soit toujours là et qu'à la moindre occasion ça dérape. Ils souhaitent avoir une vie autonome, un appartement, un salaire, mais les conditions pour les obtenir sont exigeantes et les vieux démons ne sont pas longs à ressurgir à la moindre difficulté ou à la moindre tentation. C'est un moment où ils sont extrêmement fragiles et insécures et retombent facilement dans les vieux schémas de décrochage . Ils ne se sentent plus à leur place au foyer mais ne se sentent pas vraiment prêt à vivre seul; le cas de Pradeep est vraiment révélateur. Je dois m'avouer bien démuni devant de tels comportements. Je pense qu'ils ont surtout besoin d'être accompagné dans leurs peurs et d'être encouragé.
Cette semaine, après que nous ayons discuté avec eux et l'employeur sur les enjeux du stage, ils ont repris le chemin de l'atelier accompagné par Akash qui n'avait tout d'abord pas voulu aller en stage car il ne se sentait pas prêt jusqu'alors. Il est vrai qu'il a de grandes difficultés avec les mesures et qu'il fait parfois des bourdes surprenantes, mais il est capable de faire des taches simples en petite série. Il a décidé de suivre ses collègues car je pense que le fait de se retrouver avec les débutants plus jeunes que lui et de ne pas suivre ses amis le vexait. Donc Raju, Pradeep et Akash sont dans la même entreprise. Raju a exprimé qu'il préférerait être seul dans une entreprise dans le futur et de ne pas avoir la responsabilité des absences de ses collègues. Je trouve que c'est une parole d'affranchissement de sa part mais je ne sais pas si Pradeep et encore moins Akash seront capables d'en faire autant. Nous allons les accompagner le mieux possible. Ils ont la chance qu'il y ait une grande demande de main d'oeuvre en menuiserie et que le patron soit flexible.
Donc, Shiva et Anil ont quitté le foyer, et Raju, Pradeep et Akash ont quitté l'atelier et sont en cheminement pour quitter aussi le foyer à un moment donné si le stage se déroule bien.
Chez les débutants nous avons un nouveau venu Bikram, que vous voyez à gauche sur la photo en compagnie de Sunill. Donc le nombre de mes élèves est de 4, en plus des 2 sus nommés il reste Binod et Lalu. Vishnu qui était avec nous jusqu'alors a préféré aller en mécanique.

Donc comme vous pouvez en juger, bien des changements sont intervenus durant cette période.
Par ailleurs, depuis un mois maintenant, j'ai eu le plaisir d'acceuillir Manu, un jeune Français de 18 ans qui est bénévole dans un orphelinat et qui a du temps libre durant la journée car les orphelins sont à l'école. Lors d'une rencontre à l'Alliance Française Manu s'est offert spontanément à m'aider et il me donne un sérieux coup de main avec les jeunes, même si ses connaissances sont limitées en menuiserie, il apprend vite et sait accompagner les jeunes dans leurs progrès. Sa disponibilité s'achève cette semaine et je l'aurais bien gardé un peu plus avec moi. Merci Manu pour ton aide.

Un autre jeune Français s'est joint à Biya, Bertrand, qui est là pour 1 an et qui a pour mission de développer les activités sportives au sein de Biya. Bertrand est dynamique, il parle bien le Népali, il a terminé ses études en sciences de l'éducation et il est à la veille d'entamer un cours en éducation spécialisé. Avant de le commencer il a souhaité vivre de près son futur métier et a décidé de vivre l'expérience du volontariat. Les enfants l'ont surnommé Badel, qui veut dire nuage en Népali car il était très "Blanc" quand il est arrivé de Paris. Très vite il a su prendre sa place, il a pris la responsabilité de peindre les limites d'un terrain de badminton/volley dans la cour et d'installer les poteaux et filet. Le succès fut immédiat, les jeunes étaient impatients de participer au jeu. Ils ne réclament pas la télévision, c'est encourageant...


Autre changement dans le foyer, les cours de mécanique ont commencé. Buhwan, un jeune Népalais en est le responsable.Ne dirait-on pas une rock-star?

Il a tout d'abord construit un abri en contreplaqué sous le préau pour abriter ses outils. Les jeunes apprentis menuisiers y ont participé en fabriquant les portes. les cours ont pu commencer il y a 3 semaines et Buhwan a beaucoup de connaissances pratiques, ses 8 jeunes l'écoutent avec attention.


Donc depuis maintenant 3 semaines la cour est bien occupée entre les cours de mécanique et la menuiserie, et c'est encourageant de voir que tous les jeunes sont en action.
La production et les apprentissages ont eux aussi changé, ayant perdu mes élèves avancés, il me faut terminer les projets qu'ils avaient entamé. Le "rack" à chaussures est opérationnel, les portes cintrées sont en phase d'achèvement. Par contre, j'ai du annuler le contrat de fabrication de matériel didactique pour des écoles, faute de main d'oeuvre. Et quant au projet de béquilles, je ne sais pas où l'insérer.
Donc la vie de l'atelier s'est réorientée vers les débutants qui terminent 4 petits bancs à 2 places, assemblés à tenons, mortaises et chevillés.


Ces bancs qui étaient tout d'abord destinés au foyer seront en fait utilisés par la future école interne de Biya. Ce qui fait que notre prochain projet est la fabrication de 4 tables pour accompagner nos bancs. Cette école aura pour but de s'adapter aux besoins précis des jeunes , ce que les écoles publiques ne sont pas toujours en mesure de faire.
D'autre part, nous avons aussi mis en fabrication un nouveau type d'établi en 4 exemplaires. Je me suis aperçu que les jeunes aimaient travailler sur une planche lourde et épaisse de 2 pouces, longue de 60 et large de 12, posée sur des pieds de tabourets à environ 18 pouces du sol. Cet établi leur sert pour s'asseoir sur la pièce qu'ils travaillent et donc à la tenir, il sert à raboter les morceaux avec les rabots électrique ou à main, à faire les mortaises, à poncer etc. N'en ayant qu'un seul pour l'instant, je m'apercevais que les jeunes le convoitaient pour travailler. Donc, pour éviter des querelles et surtout pour améliorer les conditions de travail et la qualité, j'ai décidé d'en fabriquer 4. C'est un nouveau type d'établi qu'on pourrait appeler: "établi-banc". Mon successeur pourra ainsi pratiquer le métier dans de bonnes conditions. Successeur que je ne connais pas, nous espérons trouver un Népalais que je pourrais accompagner avant mon départ, mais il n'est pas encore trouvé. A suivre...








