Monday, February 27, 2006

Anil

Anil Khadka, apprenti menuisier

Le premier jour de stage

Les jeunes arrivent tous joyeux en me disant " dimanche c'est la fête de Shiva, pas d'atelier, on va à Pashupatinath ! " Effectivement, ils ont été, tous ensemble, fêter Shiva dans ce lieu de pélerinage à l'athmosphère "palpable".
Plusieurs centaines de milliers de personnes étaient attendues à ce rassemblement religieux. Ce devait être impressionnant. Les jeunes ont dormis là bas et sont rentrés ce matin.
Je ne vous décris pas les sites touristiques népalais dans ce blog, ce n'est pas l'objet. Mais il faut savoir que juste dans la vallée, il y a tant de merveilles ! des temples merveilleux, des stupas, des villes, des artisans d'un autre temps... Ce que j'adore dans ces vieilles pierres, c'est qu'elles sont encores "habitées". Les gens y vivent, y prient, y dorment parfois, malheureusement. Bref, ce sont des lieux plein de sens.
 
Il y a un lieu que j'apprécie particulièrement à Kathmandou : little swayambou. Proche de la place royale, le centre historique, on peut passer mille fois devant sans le voir.
C'est une petite place, en retrait de la rue, ou se trouve un beau stupa. J'aime passer du tumulte de la rue au calme serein de ce lieu de prière. Un Stupa est un monument bouddhiste. Lorsque ses disciples ont demandé à Bouddha quel monument construire pour s'y recueillir, il a posé sur le sol, sa robe pliée en carré, son bol renversé puis son bâton debout sur le bol. En gros, ça ressemble à ça, 15 mètres de diamètre et c'est tout blanc avec les yeux de Bouddha peints au dessus du bol. Tout autour, il y a des moulins à prière, un monastère et de petits thouptens et statues.
 
Vendredi, nous avons trouvé un stage pour le second jeune.  Mais voilà que se pose un problème. Le premier jeune qui avait manifesté sa crainte de faire ce stage seul, insiste. Il ne veut pas faire ce stage seul. Nous discutons, nous expliquons, mais il me semble important pour l'apprentissage d'importants savoirs-être qu'il le fasse seul.
Ce sujet est l'objet d'importantes réflexions entre la direction de Pomme Cannelle et moi-même. Ce stage n'est en effet que le premier d'une longue série qui les mênera à l'autonomie. Comment gérer leurs craintes ? comment les inciter à aller de l'avant ?
Pomme Cannelle ne mettra pas dehors ces jeunes, mais nous devons les former techniquement et psychologiquement pour un avenir aussi heureux que possible, en dehors du centre.
Nous décidons de doubler leur argent de poche lors de leurs stages, et en cas de refus de faire le stage seul, pas de forcing...plan B...Nous attendons de voir comment cela se passera.
Lundi, les deux stagiaires se sont donc présentés comme prévu. Nous avons accompagné le premier chez son maître de stage. Pour le second, un peu plus loin, surprise, l'atelier est fermé. Nous rentrons donc, un peu désapointés. En repassant devant le premier atelier, le patron nous lance "il n'a qu'à venir chez moi !" Le jeune me regarde avec un beau sourire jusqu'aux oreilles. J'accepte la proposition. Et voilà les deux copains au travail.
En fin d'après-midi, ils sont rentrés enchantés. Le patron est sympa, explique bien, et le travail ressemble à ce qu'on sait faire. Facile et plaisant. Moi aussi je suis enchanté...
 
J'observe ce menuisier avec une attention particulière car il pourrait être un candidat à ma succession. En acceptant un stagiaire, il a déclaré "ce que vous faites est merveilleux, et ce francais est venu de si loin pour les aider, que moi aussi je suis heureux de participer"
 
 
 
 


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Thursday, February 23, 2006

Le premier stage

L'atelier est une vraie fourmilière. Chacun est concentré sur des tâches de plus en plus pointues. La machine vrombie sans arrêt, ils dégauchissent, mortaisent, et commencent à réaliser des plates bandes. On est en plein dans les moulures, coupes à 45, raccords de moulure. Ils aprennent tour à tour à régler toutes les machines, y compris pour des moulures composées en de nombreuses passes.
Les jeunes manifestent un peu d'inquiétude face à mon départ dans 3 mois. Ils disent : "on aime cette formation car lorsqu'on fait une erreur, David ne nous dispute pas, il ne se fâche pas "  (surtout, ne dites pas ça à mes enfants ! ) "si le prochain prof se fâche, on arrêtera tout de suite "
Plusieurs d'entre eux commencent à être vraiment capable de faire un tracé simple seuls. Par contre, ils ont de la difficulté à prendre soin de leurs pièces, ils le payent au poncage.
 
Le temps du premier stage est venu pour deux d'entres eux. Je les avais préparé depuis un moment, mais lorsque je leur ai dit que le jour J était venu, ils ont fait une de ces têtes ! Ils sont terrosisés...Discutions, encouragements, j'ai trainé mes deux condamnés à mort chez les menuisiers voisins. Le premier était absent, le second a volontier accepté d'en prendre un dès lundi. Et le couillon qui dit au menuisier, tête baissée "je ne veux pas y aller seul" J'avais honte ! finalement il ira...j'espère... La réussite de ces deux premiers stages est importante pour toute l'équipe. Je met tous les atouts de mon côté : Deux bons élèves dans deux bonnes entreprises que je connais, patrons sympas, durée courte d'une semaine trois heures par jour. Ca ne va pas les tuer !
 
J'ai assisté à une véritable bataille entre trois enfants des rues, avec leur grand sac plein de plastiques, et deux chiens errants. Une vraie bataille je vous dit ! à grand coup de sac et de crocs, sous le regard amusé des passants...
Je ne sais plus si je vous l'ai déjà dit, mais c'est très impopulaire de s'occuper des enfants des rues. Beaucoup de népalais ne comprennent pas pourquoi on s'occupe de ces clochard drogués, errants. Demandez donc à Sandra qui doit essuyer les remarques désagréables des "chasseurs de prime" qui trainent toujours sur Durbar Square.
Il faut tenir bon, et croire en ce qu'on fait. Les enfants nous en récompensent par leur seule présence.
 
 


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Monday, February 20, 2006

Le peuple de l'abîme.

Le peuple de l'abîme. C'est le titre d'un roman de Jack London lu il y a bien longtemps. L'un d'entre vous l'a t-il déjà lu ? Le peuple de l'abîme, ce sont des enfants, vous m'entendez ? des enfants ! Dix, douze, dix sept ans qui fouillent dans un tas d'ordures à la recherche de plastiques...à dix heures du soir... C'est une vilaine blessure au pied qui s'infecte et torture la démarche. Ce sont les yeux perdus et le sourire béat d'un enfant de 15 ans, drogué à la colle. Il traine dans le caniveau, du côté de l'hopital, entre les prostituées et les rikshaws qui dorment dans leur remorque. "Ca fait un an et demi que je suis là, je ne retournerai jamais au village" Pourquoi ?...silence... Ce sont neuf enfants, neuf enfants ! vous m'entendez ? qui dorment dans un trou, mi égoût, mi trottoir en contrebas. Neuf enfants et deux chiens, emmêlés, blottis les uns contre les autres, couverts de vagues bâches de plastique et tissus. L'un d'entres eux aux jambes couvertes de petites cicatrices demande de l'aide. Désinfectant, pansement, un sachet de nouilles sèches, une main sur l'épaule, une invitation de Pomme Cannelle, à la prochaine... Neuf enfants qui demain matin quitteront leur trou pour ramasser des plastiques, fouiller dans les poubelles, mendier, acheter de la colle au réparateur de chaussures. Le peuple de l'abime c'est deux ans. Les deux premières années de vie pour ce petit garçon de Bugal park. Deux ans dans la rue, quelques lambeaux de plastiques tendus autour d'un arbre, un sachet de nouilles sèches à grignoter. Il a deux ans, sur les genoux de son papa. Pardon, le genou de son papa, l'autre jambe est coupée. Sa maman vivait, il y a quelques jours encore dans un abri de briques et de bois, comme un sarcophage, dans un coin du parc. Gravement malade, elle a été recueillie et est soignée à l'hopital. Voyez vous mes yeux ? Le peuple de l'abime, c'est une petite fille née dans la rue qui soudainement demande à se laver. Elle a les cheveux hirsutes et pleins de poux. Une crasse et une odeur insoutenable. Elle dessine avec Sandra, puis file à la cuisine de Biya, se lave seule, et mange un dal bath. Alors c'est ça les enfants des rues. C'est pas romantique du tout. C'est les copains, la liberté, ne rien avoir mais posséder la ville. Mais quel trou noir se cache en dedans ? Ressentent-ils cette impression immence de solitude au milieu de la foule ? conaissent-ils ce placard noir, vide et froid qui ne s'ouvre jamais ? Voient-ils le vide de sens de toute cette agitation autour d'eux ? comprenent-ils qu'on ne leur a rien expliqué parce que ce serait pire encore ? et l'avenir s'arrête t-il au prochain repas ? Voyez vous mes yeux ? Je savais que mes menuisiers allaient à l'école avec de plus petits qu'eux. Mais hier je les ai vu. Dans ces classes minuscules, sales et bondées, ils ont l'air de géants recroquevillés sur de petits bancs et de petits pupitres. La prof, arrivée une demie heure en retard, porte à la main un tampon effaceur pour le tableau, un stylo pour le papier et une branche pour... Elle fait ce qu'elle peut, mais ça bavarde, ça rentre et ça sort... Le courage des 16 de Biya est incommensurable. A part ça, les travaux avancent plus en qualité qu'en productivité. De beaux raccords de moulures ravissent leurs auteurs. Plusieurs d'entre eux travaillent les coupes à 45 degrés, au trait, sur des pièces de belle section, et on y arrive ! de belles victoires pour ces travaux exigeants. Mon petit revenant m'épate toujours par son esprit technique et la qualité de son travail. Grande nouvelle : il a été pour le première fois à l'école !!! Un autre, un ancien, est maintenant complètement dépassé par l'avance de ses collègues. Au fur et à mesure que le niveau monte, lui qui n'a pas progressé voit son retard de plus en plus frappant. On sait déjà qu'il faut le réorienter, mais où ? On y travaille. Une anecdote pour finir : Une petite voisine de 8 ans, toujours fourrée à la maison, voit Sandra tourner en rond dans la cuisine...la suite se passe en anglais "qu'est ce que tu fais ?" "je me demande ce qu'on va manger ce soir" "comment ça ?" "je regarde ce qu'on a dans le frigo pour préparer le repas de ce soir" "C'est bizarre, tu te demande ce que tu vas manger ce soir ? nous à la maison on ne se pose jamais la question, on mange du dal bath..."


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Saturday, February 18, 2006

Les chèvres

C'est le printemps à Katmandou, la température est douce, le ciel un peu plus nuageux, de nouvelles fleurs apparaissent.
Mon petit revenant a réalisé un trusquin. Les menuisiers savent quelle précision est exigée par ce travail. Un plus ancien a commencé le même travail au même moment. Le nouveau a mieux réussi. Plus propre, plus précis, dans le même temps. Il est très doué je vous dis.
L'équipe des huit menuisiers a eu son dernier cours de premier soins : révision générale avec simulations. Ils en ont retenu l'essentiel me semble t-il.
 
Ca faisait un moment que je les entendais souvent chanter la même chanson à répondre.
Elle les faisait beaucoup rire. Je demande à Raju la signification des paroles. Il me répond : " ah, mais ça n'est pas vraiment une chanson, ils se lancent des surnoms et chacun répond mero hoina (ça n'est pas mon nom) " tout ça sur un air gai et entrainant, mais alors les surnoms, je préfère ne pas les traduire...
 
Je passe tous les jours en vélo devant l'échoppe d'un boucher. Sur le bord de la route de poussière, il a installé une grosse marmite d'eau bouillante. Attachées au pied de son billot, une ou deux chèvres attendent leur tour. Elles machouillent paisiblement, regardant les vélos passer... Le chien du boucher, bien gras, attend son repas...
Le soir, plus de chèvres mais des quartiers de viande sur le billot, et le chien qui dort...
 
Suis-je une chèvre ???
 
J'aime beaucoup recevoir de vos commentaires. Écrivez moi directement à cette adresse : soridavi@yahoo.fr
 
 


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Sandra et ses petits dessinateurs

Sandra, mon épouse, n'est pas forte sur le clavier... Comme je suis habitué à tout faire à la maison ;) je vais vous parler un peu de son travail avec les enfants des rues : Sandra s'installe le matin sur un temple de Durbar Square, la place royale de Katmandou, non loin des locaux de Pomme Cannelle. Là, les enfants des rues, ramasseurs de plastique, mendiants ou simplement n'allant pas à l'école, se rassemblent autour d'elle pour dessiner. Bon, c'est pas un vrai travail ;) elle met le matériel à disposition, recopie tranquillement un Bambi ou un Mickey et profite de la présence des ces enfants si chaleureux et coquins. Plus sérieusement, c'est un excellent moyen de prendre contact avec eux, de mieux connaître leur situation, leur santé, leurs souhaits. C'est par ce genre d'activité que les 15 de Biya en sont arrivés à l'école, la formation etc... Ces enfants adorent dessiner. Ils en ont rarement l'occasion et prennent ça très au sérieux. Hors de question de jetter leurs oeuvres, même s'ils représentent presque toujours le même paysage. Alors ils s'accumulent à la maison, il va encore falloir que je fasse le ménage ;)

Thursday, February 16, 2006

Tordre quelques cous...

Il y a des jours où j'ai envie de tordre quelques cous. Ils sont gentils et pleins de joie, mais alors, que de têtes dures !.. il y en a toujours un qui sait mieux que moi comment travailler... Et tant de choses qui rentrent par une oreille et ressortent par l'autre ! Bon...c'est pour ça aussi que je les aime. Si c'était facile, ça ne serait pas drôle...et puis tout le monde le ferait... Pendant que j'y suis, je tordrais bien le cou à tous les népalais ! J'exagère un peu, mais il est vrai que certains jours, les irritants sont nombreux. Alors dans ces cas là, le français moyen que je suis, s'impatiente, a des réflexions intérieures stupides, et il respire un bon coup...ça passe...Travailler au Nepal est un excellent moyen de pratiquer la patience. C'est un outil tellement précieux à développer ! ça laisse de la place en dedans...de la place pour faire pousser des fleurs... Je reviens à mon tailleur de pierres, sa femme et ses quatre enfants qui vivent dans des conditions épouvantables. Si un jour je dis "J'ai travaillé dur pour gagner ma vie, je mérite bien ce que j'ai obtenu" Gifflez moi s'il vous plais. Cet homme fait un travail physiquement pénible, mal payé, 7 jours sur 7, toute l'année, sans aucun avantage social évidemment. Et il n'a pas de quoi payer un toit à sa famille. Sa femme doit parcourir une longue distance pour rapporter un peu d'eau, ses enfants n'iront jamais à l'école, s'ils sont gravement malades...ils meurent. Ca veut dire quoi ? Et bien, en France ou au Canada, tout ce que nous gagnons et obtenons comme avantage est dû au travail des autres. C'est grace à tout un système social conçu et nourri par d'autres que nous bénéficions de tant de bonnes prestations. Les sommes faramineuses que nous recevons en salaire proviennent d'efforts communs, du travail d'inconnus...Mais on trouve ça normal...On devrait remercier tous les jours... La vie d'un français pauvre fait rêver le népalais moyen. Partager nos richesses avec eux, c'est abolir les frontières de notre coeur pour qu'ils bénéficient, un tout petit peu, de ce dont nous jouissons en ingrats.


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Wednesday, February 15, 2006

Vendeurs de choc.

Nous poursuivons nos cours de premier soin. Ca les intéresse, mais il ne faudrait pas que ça dépasse 20 minutes par scéance. Ils se déconcentrent rapidement, malgré les dessins et les simulations.
La qualité des raccords de moulure commence à être acceptable. Nous allons transférer cet apprentissage sur une toute petite fenêtre, une par élève. Ils en dessinent le plan, en déduisent la feuille de débit, tronçonnent, dégauchissent, et tracent seuls pour plusieurs d'entre eux.
Mon petit revenant travaille avec beaucoup d'assiduité. Il a utilisé la scie circulaire et la dégauchisseuse pour la première fois, non sans apréhension, et s'est très bien débrouillé.
Tous savent maintenant faire un dégauchissage de base. Je suis étonné de la facilité qu'on a à travailler sans guide.
Une machine en bois, c'est un peu spécial quand même. Malgré le surdimensionnement de la structure, ça bouge toujours un peu et il faut réajuster, contrôler, chasser les vibrations etc...
Mes vendeurs de choc ont vendu quatre tabourets. Les vainqueurs ne sont pas ceux qu'on aurait cru. Je suis assez content de mon coup, ils vont au devant des gens, se présentent comme apprentis menuisiers, négocient et vendent leur production. C'est ce que je voulais. Bon...ils bradent un peu...c'est pas bien grave...
Pour l'armoire, on butte un peu sur les coupes à 45 degrés. C'est difficile à réaliser à la main. On va y arriver pourtant...
 
Thierry et Carmen nous ont rendu visite il y a deux jours. Ils nous ont offert tout un stock de chocolat français. Nous en dégustons un peu chaque jours avec délice. Merci.
 
Il faut que je rectifie un détail au sujet du tailleur de pierre : Il a quatre enfants entre 2 et 6 ans environ. Ils vivent tous sous ces deux tentes.
 
Dites moi. Comment est-ce humainement possible de :
- Souder à l'arc sans lunettes
- Travailler le ciment toute la journée à la main, sans truelle
- Porter sur son dos un canapé ou deux fauteuils, ou encore trois téléviseurs.
- Porter sur son dos ou sur son vélo environ 1000 oeufs !!!!!!!!!
 


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Tuesday, February 14, 2006

Un avenir

S'il vous plais, dessines moi un avenir...
Parrainer un enfant de Biya pour quelques euros par mois, c'est le nourrir et le loger, mais surtout lui donner une formation professionnelle qui fera de la rue un mauvais souvenir.
Pour parrainer un enfant ou faire un don ponctuel, rendez vous sur le site http://pommecannelle.org/
rubriques "parrainez un enfant" ou encore "nous contacter et participer"
Sur la photo, Akash Tamang, apprenti menuisier.

Monday, February 13, 2006

Le tailleur de pierres

Nous poursuivons notre petit cours de secourisme avec les amputations et la conduite à tenir dans un tel cas.
Nous révisons un peu de géométrie, faisons quelques exercices de mesurage de précision etc.
Chaque jeune, tour à tour, utilise la dégauchisseuse, règle la mortaiseuse et exécute ses assemblages avec une précision grandissante. Les premiers ravancement de moulure ne sont pas terribles, mais ils persévèrent moyennant quelques encouragements.
Vous vous souvenez du petit nouveau qui nous avait quitté ? Il est revenu !!! alleluia ! De lui même il a demandé à reprendre la formation et peut-être... l'école ? à suivre...
 
Comme tous les tabourets étaient terminés, vernis et tout, il a fallu les vendre ! Je leur ai expliqué l'importance d'être capable de vendre sa marchandise, pour un menuisier comme pour tout autre professionnel. Ils ont désigné le meilleur vendeur, j'ai désigné celui qui avait le plus besoin de s'ouvrir, et les voilà partis, avec la marchandise sous le bras.
Le but de l'exercice est évidemment de les ouvrir aux autres. De les placer dans un rapport social "normal", pas comme des enfants des rues...
Nos vendeurs sont revenus bredouilles, mais avec quelques propositions. On remet ça demain avec une nouvelle équipe.
De temps en temps, je continue d'en envoyer un, demander tel ou tel renseignement aux menuisiers voisins. Ils sont maintenant capables d'y aller seul. C'est un succès.
 
Sur le bord de la route qui ceinture Kathmandou, du côté de la gare routière, il y a un tailleur de pierre. Il s'est installé dans cet espèce de terrain vague boueux d'imondices et d'eaux usées qui borde souvent cette route. Là toute la journée, il taille la pierre. Toc toc toc...toute la journée il fabrique des pierres cannelées qui servent à broyer des épices. Le son de ses outils est couvert par le vrombissement des moteurs de bus, et je suffoque parfois dans les gaz d'échappements et la poussière. Sa production s'acumule devant ses tentes. les affaires ont l'air bonnes, le stock est constant.
Dans ses deux petites tentes faites de bâches et de branches, vit sa petite famille. Son tout petit garçon passe ses journées autour de maman, s'échapant parfois pour patauger dans l'égoût voisin. Il a un vieux vélo qui a connu Mathusalem, quelques couvertures, ses outils, c'est à peu près tout. Au début je me disais "non, c'est pas possible qu'ils vivent là..." et bien oui...
Lorsqu'on voyage dans des pays pauvres, on se dit souvent " ils sont souriants et heureux. Ils n'ont pas besoin de plus, et surtout pas de nous. Ils se contentent de peu et ils sont plus heureux que nous comme ça. Voyez leur sourire ! "
Ca fait un moment que je commence à ne plus trop y croire. Le sourire, comme le matériel, n'est pas le bonheur. Les besoins fondamentaux de ces personnes sont ils comblés ? Quel est leur marge de liberté ? quelle est leur fragilité ? combien longue et belle sera la vie de cet enfant ? Ont-ils le temps de penser à autre chose qu'à survivre ?   Il faut se méfier du "rousseau-isme" aussi. Les familles népalaises comme les autres, cachent de nombreuses souffrances.
En occident, on a la chance gigantesque de pouvoir donner beaucoup à peu de frais. Alors, allons y !
 
 
 
 


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Saturday, February 11, 2006

Les castes.

J’ai décidé de leur donner quelques bases en premiers soins. Vendredi, ils ont donc eu leur premier cours : la circulation sanguine et les différentes sortes de plaies. Ils ont été réceptifs et le cours a été très interactif. Malheureusement, dans ma carrière, j’ai vu pas mal d’accidents et grâce à quelques cours de secourisme, je sais me débrouiller. J’aimerais leur transmettre un minimum de bases. Nous étudions les ravancements, commençons à en réaliser. Ils chanfreinent au rabot et au ciseau. C’est compliqué pour eux, et ça demande beaucoup de précision, mais j’estime qu’ils sont prêts. L’armoire commence à ressembler à une armoire. Beaucoup d’opérations se font maintenant à la machine. Le soin qu’ils apportent à leur travail augmente un tout petit peu chaque jour. La société népalaise est difficile à comprendre pour un occidental. Un des paramètres les plus étrange et complexe est le système des castes. Or, quand on travaille avec les enfants des rues, on est obligé de s’y intéresser. Je vais tenter de vous résumer ça en quelques lignes, à ma manière : Il était une fois, il y a bien longtemps, un dénommé Jean, croque mort de son état. Les gens l’appelaient Jean croque mort. La pression sociale, les préjugés et les croyances religieuses étaient telles qu’il n’eut d’autre choix que d’épouser Jeanne croque mort, fille de son homologue du village d’à côté. Ses parents avaient arrangé le mariage, il était inimaginable de le marier avec une femme d’un autre milieu. D’autant plus que les prêtres et autres bien pensants, garants de la bonne moralité, veillaient à ce que chaque personne épouse une personne de son rang. Évidemment, Jean était au bas de l’échelle. Qui voudrait le fréquenter ? Qui mangerait un plat préparé de ses mains, qui lui confierait ses enfants ? Ses descendants vécurent la même histoire jusqu’à nos jours. Non, pas tous ! Car l’un d’entre eux décida pour échapper à sa condition de s’exiler dans une autre région, de changer son nom et d’épouser la fille d’un marchand. Un autre, habile homme d’affaire, fit prospérer son commerce, et de corbillard en crématorium, se retrouva à la tête d’une belle entreprise. Il pu ainsi offrir une énorme dot pour sa fille et la maria à un capitaine. Sa fille bénéficia automatiquement du statut de son mari. Un autre parti vivre dans un pays voisin, là où son nom ne voulait rien dire. Il s’installa dans un village. Son ethnie d’origine, à la peau claire, y était plutôt bien vue. On lui prêta donc de l’argent et il s’acheta quelques terres qu’il fit prospérer. Et vous, auquel de ses descendants marierez vous votre fille ? De manière plus cartésienne, il y a 4 castes et nombre de sous castes. Avant 1964, elles existaient officiellement, elles perdurent de manière informelle. En haut les prêtres, en bas les petits métiers, au milieu tous les autres, dont les nombreuses ethnies du Népal (gurung, sherpas, limbu, newar etc) Chez les newars, il y a de nombreuses sous castes. Toutes ces personnes se reconnaissent par leur nom de famille. Népali est un newar, Kadhka est un chétri etc. Alors, par exemple, lors d’une embauche, on regarde le nom de la personne, sa famille, la couleur de sa peau, et enfin, ses compétences. Je caricature à peine. De la même manière que les portugais ont une bonne réputation dans les métiers du bâtiment, telle ou telle ethnie sera bienvenue dans tel ou tel milieu, beaucoup moins dans un autre. Mais le portugais lui, il ne se sent pas stigmatisé de telle ou telle étiquette, ce sont les autres qui le voient comme ça. Pareil pour les tibétains ou les tamangs.

Et les enfants des rues dans tout ça ? et bien, quelle que soit sa caste, souvent basse, si on découvre son passé, il sera probablement stigmatisé et de nombreuses portes se fermeront. On pourrait presque dire que les enfants des rues constituent une caste. C'est en effet un groupe de personnes envers lequel la majorité des personnes ont des préjugés qui modifient leur comportement.

Finalement, les castes, c’est très simple :)

Thursday, February 09, 2006

Quelle belle journée !

Les maoïstes ayant mis fin à leur ordre de grève générale, les enfants de Biya ont enfin pu reprendre l'école et leur formation professionnelle.
Après quelques révisions en géométrie et mesures, nous avons repris le travail sur l'armoire et les derniers tabourets à teinter et vernir.
Au fur et à mesure qu'ils terminent leur ouvrage, les élèves ont le droit à un cours particulier sur l'utilisation de la dégauchisseuse et de la mortaiseuse. On prend bien le temps de comprendre le bois, la machine, de bien positionner ses mains et de bien contrôler le résultat.
Ils préparent ainsi, individuellement, les pièces nécessaires à l'apprentissage des ravancements, moulurages, et raccords de moulure.
C'est tout un nouveau chapitre qui s'ouvre dans leur formation : Les assemblages deviennent plus complexes, plus difficiles à tracer, visualiser et réaliser. Mais on y va tout doucement, sans théorisation, sans blabla. On observe, on analyse, on réalise, on ajuste, on recommence...
Un des jeunes me donne beaucoup de satisfactions. C'est un de ceux qui avait le plus de difficultés au début. Mais il a travaillé et progressé. Il faut le voir déligner, dégauchir ou mortaiser. Il se débrouille vraiment bien, il répète exactement mes gestes, prend de l'assurance et travaille sans distraction. Un plaisir à voir. C'est souvent le souffre douleur de Biya. Alors on travaille pas mal la confiance en soi, la responsabilisation etc.
Comment vous dire leur plaisir à travailler sur notre machine à commandes ayurvédiques...(ça, c'est le l'humour) Ils l'ont fabriquée, et ils l'utilisent pour fabriquer une armoire. En plus, ça a un côté viril qui leur plais beaucoup.
La plupart du temps, on travaille dehors, dans une ambiance sympa, au doux soleil. On devrait faire ça aussi au Québec ! surtout en février...
 
 


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Wednesday, February 08, 2006

techniqualité

Si le post que vous recevez est truffé de signes étranges, cliquez donc sur le lien en bas de page, il vous mênera directement sur le site, le texte y est normal.
 
 
David


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La semaine des 7 samedi.

Aujourd’hui, jour d’élections municipales, Kathmandou est en léthargie. L’ambiance est quasiment sinistre. Les seuls véhicules qui circulent sont des camions militaires, des ambulances sirène hurlante, des véhicules officiels ou diplomatiques. Quelques rickshaws attendent la bonne affaire devant les hôtels. Tous les commerces sont fermés, très peu de personnes dans les rues. Sinistre je vous dis. Les bureaux de vote ressemblent à des forteresses. Soldats armés de fusils d’assaut sur le toit, soldats embusqués aux alentours, chicane gardée à l’entrée, camions militaires. On nous conseille de ne pas sortir aujourd’hui, et beaucoup d’habitants semblent faire de même, quant à voter…je suis curieux de connaître le taux de participation… C’est la semaine des 7 samedis, alors j’ai beaucoup de temps pour vous raconter encore quelques niaiseries :
L’impression d’être mauvais. J’en parle parce que ça m’est arrivé et c’est peut-être commun à plusieurs volontaires. En débarquant dans un environnement aussi étranger à ma culture, à mes habitudes, je me suis trouvé en position d’apprenant. J’ai dû désapprendre une partie de mon métier pour faire place aux méthodes népalaises, me dépatouiller dans des situations inédites et m’adapter à des phénomènes déconcertants. Alors, à la fin de la journée, lorsque le prof se retrouve seul dans l’atelier déserté, il a parfois l’impression de ne pas avoir été à la hauteur, d’avoir manqué son coup…Alors il analyse les résultats et puis il se console, c’est pas si mal…malgré tout… J’imagine, et j’ai entendu ne pas dire, que ce phénomène est fréquent lorsqu’on fait dans le social ou l’humanitaire, appelez ça comme vous voulez... De l’infirmière au comptable en passant par le gestionnaire de projet, ce sentiment d’impuissance peut-être décourageant. Mais le découragement, c’est de la paresse !
Les népalais n’éternuent pas. Ca vous en bouche un coin, pas vrai ? Alors, il faudra que les gens qui connaissent le Népal me donnent leur avis, mais je n’ai jamais vu quelqu’un éternuer ici. Même dans la poussière la plus dense ou dans le froid qui transforme le nez rouge des enfants en chandelier…pas un atchoum… Il semble en fait que ce soit très rare chez les népalais. Par contre, ils crachent beaucoup… Ca veut dire quoi ? Et bien l’éternuement est un geste cul-tu-rel, comme cracher. Mon esprit tordu aime beaucoup ce genre de chose. C’est un grand pas en arrière pour mieux voir ce qui se passe en dedans. Qu’un geste aussi banal en occident soit quasi inexistant ici, m’enseigne à nouveau à quel point notre esprit est prisonnier des étroites frontières de notre culture. Vous êtes vous déjà demandé comment les mauritaniens urinent ? Non ? Ca vous intéresse ? Et bien voilà : Ils urinent accroupi, jamais debout, dans la nature, et s’essuient le sexe avec un caillou ramassée pas là…passionnant non ? Vous ne verrez jamais ça dans un reportage ! Alors voilà à quoi peuvent servir les voyages. Sonder l’insoupçonnable importance de la culture sur notre comportement pour mieux faire la part des choses, s’émanciper de l’indésirable et développer le salutaire. Or, si la vie c’est apprendre à aimer, c’est aussi, chemin faisant, ne pas être fidèle à soi-même. Pour apprendre, il faut bien abandonner quelque chose, ne serais-ce que son orgueil, son ignorance et pourquoi pas…une partie de sa culture… Ca n’est surtout pas du développement personnel ! Non ! C’est plutôt du développement universel…
Ces enfants, je les regarde, mais je ne les vois pas ! Ce ne sont que des visages, des attitudes, quelques paroles à peine comprises…Mais un enfant des rues, ce n’est pas qu’un petit clochard vêtu de haillons, crasseux et souriant. C’est toute une histoire, tout un paquet de malheurs que j’ignore, un petit cœur dévasté ! Je veux dire par là que le plus grave est invisible et difficilement compréhensible. Il en va de même pour mes petits menuisiers. Quelles sont leurs blessures ? Combien profonde est leur solitude ? au milieu des copains…Je me contente de leur proposer un espoir, quelques outils pour l’avenir. Mais il est très difficile, surtout pour un occidental de les comprendre vraiment.
Vous voulez une anecdote bien croustillante ? En voici une : Un des plus petits de Biya a « trouvé dans la rue » le disque d’un film érotique (on trouve toutes sortes de choses dans la rue à Kathmandou…) Alors, il a fallu le visualiser sans se faire pincer ! Avec quelques copains, il a profité de l’absence des éducateurs pour regarder ce très instructif cours d’anatomie. Mais, le spectacle a vite attiré beaucoup de spectateurs, et, finalement, le manager de Biya… Le disque a été confisqué, les petits voyous réprimandés, mais le spectacle…inoubliable !

Sunday, February 05, 2006

Bandha

Cette semaine est un peu particulière. Mercredi doivent avoir lieu les élections municipales, or, leur régularité est fortement contestée par l’opposition et les maoïstes. Les maoïstes ont donc appelé  à une grève générale (bandha) d’une semaine dans tout le pays.
Hors de la vallée de Kathmandou, il est tout à fait compréhensible que les gens la respectent par crainte de représailles. Par contre, dans la vallée, exempte de maoïstes, c’est plutôt étonnant de voir autant de commerces et institutions fermées.
C’est qu’en fait, selon ce que je perçois, le peuple népalais subit. C'est-à-dire qu’ils ont peu d’opinion sur ce qui est le mieux entre la peste et le choléra. Ils veulent juste vivre en paix, ne pas se mêler de tout ça, ne pas se faire remarquer, ne pas avoir de problèmes.
Bref, tout ça pour dire que j’ai annulé le cours d’hier dimanche, et qu’il en sera probablement de même aujourd’hui et le reste de la semaine. Les transports publics étant très réduits, les jeunes ne peuvent pas se rendre à l’atelier.
J’en profite pour faire quelque remarques en vrac :
Jusqu’à présent, les plus anciens ont eu 215 heures de formation. Et oui, seulement 215 heures ! Au Québec, la formation en ébénisterie dure 1650 heures, mais il est difficile de comparer…Et là dedans, il y a l’aménagement du nouvel atelier, le thé et les biscuits etc.
Vu sous cet angle, je suis très satisfait de leur évolution. Ce qui me satisfait le plus, c’est le faible taux d’absentéisme, leur enthousiasme joyeux, leur courage.
Ces derniers temps, j’ai accentué mes exigences en terme de qualité. Je me suis permis de les enquiquiner avec les défauts et imperfections, et de les amener à améliorer leur travail, patiemment, joyeusement. La réponse est bonne, les résultats sont de plus en plus de qualité commercialisable.
Vous ais-je déjà dit à quel point ils sont chaleureux ces gamins ? Il faut voir leur beau sourire et leurs multiples salutations lorsqu’un volontaire arrive chez eux, ou lorsqu’ils arrivent à l’atelier. Ils aiment discuter, rire, jouer, se donner des surnoms…vivre ensemble…
On a vu aussi à quel point ils sont reconnaissants (chose qui n’est pas frappante chez beaucoup d’adolescents) Lorsqu’on leur a rendu service ou fait un petit cadeau, ils redoublent de marques d’affection. Et puis ils sont craquants avec leur jolie frimousse et parfois leur allure de petit voyous sympathique. Je crois savoir que beaucoup de volontaires qui travaillent avec eux tombent sous leur charme. Attention, je n’ai pas dit que c’était facile, il faut accepter leur monde tel qu’il est, et faire avec. Tiens, je crois que je vais relire l’histoire de Gavroche…avec un autre oeil …
Dans les commerces népalais, il y a une habitude déconcertante pour un occidental : Dernier arrivé premier servi. C’est souvent comme ça. On est en train de  s’occuper de vous, et puis un autre client arrive et vous passe devant, et puis encore un autre, et le marchand repousse toujours votre commande, ça traîne…Alors les jeunes s’attendent à ce que je fasse pareil et ont de la difficulté à accepter que je donne mes explications à chacun leur tour, sans me laisser interrompre.
Le temps s’est radouci. Les nuits sont beaucoup moins froides qu’il y a quelques semaines. La Saison sèche porte bien son nom : nous n’avons pas eu une goutte de pluie depuis la mi-octobre.
Je n’ai pas encore trouvé de menuisier qui parle anglais. Cela défavorise ma compréhension du milieu et la création d’un réseau de connaissances. Pourtant, j’arrive à me faire connaître petit à petit.
Deux choses sacrées au Népal : Les vaches qui se baladent partout en liberté. Les tuer est un crime, évidemment, on ne les mange pas. Les maoïstes qui sont contre les traditions, croyances, castes etc, mangent les vaches et parfois, obligent les autres à en manger aussi. Cela choque beaucoup les gens qui m’en ont parlé.
Le boddhi tree (arbre de la sagesse, ficus religiosa pour Michel) est un arbre sacré. C’est sous ses frondaisons que Bouddha Shakyamuni, né au Népal, a atteint l’éveil. Sa feuille très caractéristique ressemble à celle du peuplier commun mais se termine par une pointe aigue. Il est interdit de l’abattre, même si ses racines dévorent votre mur ou votre maison. Ses racines sont parfois marquées de poudre rouge ou jaune, signe de prière, d’adoration.
 


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